Mercredi 11 octobre 2006
3
11
/10
/2006
09:24
Carole Salmon ou madame 100 000 volts
05.12.2004 19:05 | 247 | Nantes Quartiers | 14
Sage jeune femme à la ville, Carole Salmon s'avère être en fait de la race des comiques pour le moins frénétiques.
C'est trop peu de dire que Carole Salmon occupe la scène. Il serait plus juste d'affirmer qu'elle l'envahit à elle toute seule. Cette sémillante humoriste, spécialiste du "one woman show", est en effet atteinte d'un bien curieux syndrome.
Alors que dans la vie courante, cette charmante jeune femme semble, apparemment, sage et pondérée, dès qu'elle pose ne serait-ce qu'un demi-escarpin sur scène, elle se transforme aussitôt en virago survoltée. Quelque soit le savoureux personnage interprété -une esthéticienne évaporée, une touriste en mal d'émotion ou un GI quelque peu borné- l'artiste ne tient plus en place. Gambades hystériques, grimaces élevées au rang des beaux-arts, bond de marsupilami... la jeune femme devient une sorte de ludion exalté déployant un comique gestuel digne d'un Jerry Lewis ou d'un Henry Salvador de la grande époque. "Ce sont effectivement quelques-uns de mes maîtres", sourit-elle.
Inspiration divine
"Pour autant, pour être tout à fait franche, lorsque je me produis, je me donne plutôt l'impression d'être une sorte de singe faisant le clown", s'esclaffe-t-elle. Il est vrai que durant ses prestations, sa beauté, toute classique, est plutôt mise à mal. Son visage à la mobilité extrême est en effet capable de devenir, à la demande, une sorte de masque de caoutchouc à géométrie variable. C'est bien simple, à coté d'elle, Courtemanche deviendrait presque un monstre d'impassibilité.
Née à Tours, la petite Carole Salmon commencera par épuiser la patience de sa famille. "J'étais en représentation permanente". Bien que bonne élève, elle deviendra ensuite la coqueluche des cours de récréation.
Persuadée que la scène est son destin elle décide d'aller à Paris.
Mais là, stupéfaction : elle découvre que la capitale ne l'attend pas ! Après quelques passages dans les films anecdotiques, elle s'installe non loin de Pornic où elle ouvre un cabinet de sophrologie. Depuis, elle alterne séances paramédicales et représentations comiques ou elle interprète ses propres sketches. "Une nuit j'ai vu, comme une prémonition, mon futur spectacle. Le lendemain matin je n'avais plus qu'à le recopier". Intitulé "Une vis de...?", c'est la deuxième fois en trois ans qu'elle vient le défendre avec succès sur la scène nantaise du Petit Archipel.
Commentaires